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Né en 1978
Vit et travaille à Lyon
Pour en savoir plus: http://www.enba-lyon.fr/horsmurs/0506/lauterjung/
Filmer les gens et les choses, comme des apparitions, à la recherche d’une grammaire cinématographique primitive, presque balbutiante. Puis creuser ces images, libérer des potentialités narratives. Et construire un texte, écrit ou audible, superposable aux images filmées. Confronter les deux en l’espace du film. Voir ce qui entre, se noue. Si la démarche paraît faire système, c’est pour en accentuer les contraintes. Aucun scénario n’anticipe le tournage.
Seuls les évènements fortuits ont à s’illustrer ; je n’en suis que le témoin. Je déambule donc avec ma caméra en différents lieux, aux aguets, pour saisir au passage quelques fragments d’histoires.
L’utilisation de la pellicule super-huit impose la brièveté de son métrage, 15 mètres – durée fugace et met à distance le résultat de son origine : impossible en effet d’avoir instantanément accès aux choses filmées, d’abord doivent-elles être développées. Cette attente participe à l’élaboration narrative qui s’en suivra : aux images du tournage que la mémoire conservait imparfaites, se superposent celles fixées sur la pellicule développée, une fois visionnée. Elles sont ensuite vues et revues, comme mises à la question.
« Si l’espace urbain est souvent le théâtre de mes errances, il est avant tout prétexte à la déhiscence des images qui le capture. Le rythme des villes est propice aux surprises et ne se piste qu’en pointillé – à la cadence d’un mécanisme d’enregistrement, 24 à 25 fois par seconde tout au plus. D’où le regard à posteriori que je porte aux images pour extraire à leur contenu manifeste un contenu latent. »
D’abord enregistrer : filmer les gens et les choses avant qu’ils ne disparaissent, sans scénario préexistant, grammaire cinématographique primitive, presque balbutiante. Ensuite : faire parler les images, les mettre à la question, les creuser, herméneutique d’instants saisis… «Rien n’aura eu lieu que le lieu».
Cette artiste est pressentie pour intervenir sur l'ensemble du projet. A son habitude, il s'imprégnera des différents quartiers concernés, il rencontrera des habitants au grès de ses « promenades », pourra collecter des vieux films personnels pour réaliser, non pas un documentaire, mais une oeuvre filmique s'inscrivant dans sa démarche artistique.